Le Sommet de l’UA marque le retour de l’Algérie sur la scène africaine

février 11th, 2020

APS : Lundi, 10 Février 2020

ADDIS ABEBA – Les travaux du Sommet de l’Union africaine (UA) tenus dimanche et lundi à Addis Abeba ont marqué le retour de l’Algérie sur la scène africaine, avec la réaffirmation,
par la voix du Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, de ses engagements et ses positions immuables envers le règlement des conflits en Afrique et dans le monde.
Le président Tebboune a ainsi marqué sa participation à ce rendez-vous des chefs d’Etat et de gouvernement par une intervention très suivie par ses pairs africains, dans laquelle il avait affirmé que “la nouvelle Algérie en édification demeurera fidèle à ses principes et engagements et jouera, dorénavant, pleinement son rôle en Afrique et dans le monde”.
Il avait dans ce contexte exprimé l’engagement de l’Algérie à contribuer “plus efficacement” au développement du continent africain.
“Notre expérience réussie conforte notre conviction que le règlement des crises dans notre continent passe par la solution pacifique, le dialogue inclusif et la réconciliation nationale loin de toute immixtion étrangère”, avait-il insisté, après avoir rappelé la tragique décennie vécue par l’Algérie dans les années 90.
Le président Tebboune a souligné qu’aujourd’hui, “grâce à l’énergie salvatrice de son peuple et de sa jeunesse”, l’Algérie est engagée dans “une nouvelle ère pour la consolidation de sa démocratie et la réunion des conditions adéquates à son essor”.
Il avait évoqué, dans ce sens, les perspectives qui s’ouvrent à l’Algérie, “résolument décidée à changer son système de gouvernance et à construire un Etat garantissant la justice sociale et la suprématie de la loi” et qui s’apprête, après l’élection présidentielle du 12 décembre dernier, à aller de l’avant dans le processus de réformes politiques, économiques et sociales.
Sur le volet africain, Il avait réitéré l’approche et l’engagement de l’Algérie dans le règlement des conflits, en soulignant qu’elle s’attèlera “toujours et inlassablement” au soutien des efforts visant l’instauration de la paix et de la sécurité en Afrique.
“Notre expérience réussie conforte notre conviction que le règlement des crises dans notre continent passe par la solution pacifique, le dialogue inclusif et la réconciliation nationale, loin de toute immixtion étrangère”, avait déclaré sur ce registre.
Pour le président Tebboune, “Sur tous ces fronts, l’Algérie n’a eu de cesse d’apporter sa contribution multiforme aux efforts consentis pour le rétablissement d’une stabilité durable en Afrique, en particulier au Sahel, que ce soit au niveau bilatéral ou par le biais de mécanismes tels que le Comité d’état-major opérationnel conjoint (CEMOC) ou l’Unité de Fusion et de Liaison (UFL) ou encore à travers le Centre africain d’études et de recherches sur le terrorisme (CAERT)”.

L’Algérie pour l’arrêt de toutes les ingérences en Libye

S’exprimant sur la Libye avec laquelle l’Algérie partage une longue frontière et un destin commun, le chef de l’Etat a qualifié la situation dans ce pays de “dramatique”, précisant qu’elle “continue de susciter l’inquiétude de l’Algérie”.
“Le peuple libyen frère ne mérite pas les souffrances qu’il endure aujourd’hui. C’est pourquoi, l’Algérie, fidèle à sa tradition diplomatique, a proposé d’abriter le dialogue entre les frères libyens, comme affirmé à Berlin et, plus récemment, à Brazzaville, lors du Sommet du Comité de haut niveau de l’UA sur la Libye, tenu sous le patronage de mon frère le Président Denis Sassou Nguesso”, avait indiqué le chef de l’Etat.
Dans le même sens, il avait souligné que “l’Algérie, qui plaide pour l’arrêt de toutes les ingérences en Libye, appuie fortement les efforts continus pour mettre fin durablement aux hostilités et réunir les conditions du dialogue entre les frères libyens, unique et seul moyen de parvenir à une issue à la crise et d’éviter à ce pays africain d’être le théâtre des rivalités entre Etats”.
Il avait par ailleurs qualifié la crise du Sahel de “triste et regrettable illustration”, relevant que “la stabilité déjà fragile dans des pays tel que le Mali s’est subitement dégradée au lendemain de la crise en Libye, sans parler du Niger qui n’a pas échappé, comme nous le savons tous, aux attaques meurtrières contre son armée”.
Il avait ainsi indiqué qu’avec la recrudescence des attaques terroristes sanglantes au Burkina Fasso et autres tentatives d’attentats dans des pays sahéliens, l’instabilité a fini par gagner tout le Sahel en dépit des efforts courageux des pays concernés.

Sahara occidental: “hâter” la désignation de l’Envoyé personnel du SG de l’ONU

Le président Tebboune, avait encore indiqué avoir exhorté le secrétaire général des Nations Unies à “hâter” la désignation de son Envoyé personnel et à relancer le processus de règlement de la question du Sahara Occidental.
“Force est de constater, avec regret, que depuis la démission de l’envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU, Horst Kohler, le processus de paix onusien est sur une voie semée d’embûches. J’ai d’ailleurs adressé, il y a quelques jours, une lettre au SG de l’ONU pour l’exhorter à hâter la désignation de son Envoyé personnel et à relancer le processus de règlement de la question du Sahara Occidental”, avait-il dit à ce sujet.
Il avait déploré le fait que la question du Sahara occidental n’ait toujours pas trouvé de règlement, alors que “depuis de longues années, l’Organisation des Nations Unies et le Conseil de sécurité, appuyés par notre organisation continentale, s’emploient à la mise en œuvre du plan de règlement de la question du Sahara occidental basé sur le droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination”.
Le président Tebboune, avait réaffirmé, dans ce cadre, l’attachement de l’Algérie au “caractère immuable de la position africaine en faveur de la juste cause sahraouie et du parachèvement du processus de décolonisation en Afrique loin de toute manœuvre de tergiversation et de la politique du statu quo”.
A rappeler que le président Tebboune a eu plusieurs entretiens avec ses homologues africains, dont les présidents malien, sud-africain, congolais, du Zimbabwe, égyptien, ainsi que les Premiers ministres éthiopien et palestiniens.